Quand mon chat me pousse avec ses pattes arrières, je regarde d’abord le contexte avant d’y voir un simple jeu ou un signal de malaise. Ce geste peut correspondre à une demande d’attention, à une séquence de jeu très excitée, à des chaleurs chez une chatte non stérilisée, ou à un inconfort si la zone du dos ou des hanches est sensible. Je vais vous montrer comment lire ce comportement sans le surinterpréter, et surtout quand il faut penser à la douleur ou à un avis vétérinaire.
Les repères utiles pour lire ce geste sans se tromper
- Le plus souvent, ce comportement est lié au jeu, à la sollicitation ou à une réaction de plaisir pendant les caresses.
- Chez une chatte non stérilisée, l’arrière-train levé avec les pattes arrière qui poussent peut s’inscrire dans les chaleurs.
- Un chat qui se raidit, grogne, fuit ou refuse qu’on touche le bas du dos peut exprimer une gêne ou une douleur.
- Les mains ne doivent pas devenir un jouet: mieux vaut rediriger vers une canne, un kicker toy ou une plume.
- Si le comportement est nouveau, asymétrique ou associé à une boiterie, je conseille un examen vétérinaire rapide.
Pourquoi mon chat me pousse avec ses pattes arrières
Je distingue d’abord quatre grands scénarios. Le geste n’a pas la même signification selon qu’il apparaît pendant un jeu, pendant une séance de caresses, dans un contexte de chaleurs ou au moment où le chat cherche à éviter une zone qui lui est sensible.
Un réflexe de jeu et de prédation
Quand le chat attrape un jouet ou votre main, se couche sur le côté et donne des coups rapides avec les postérieurs, il reproduit une séquence de chasse. On parle souvent de bunny kick : le chat saisit la proie avec les pattes avant, puis “déchire” avec les pattes arrière. Sur le plan comportemental, ce n’est pas de l’agression pure; c’est surtout une montée en excitation. En revanche, si on autorise les mains à jouer ce rôle, on apprend au chat que la peau est une cible. C’est le piège le plus fréquent.
Une demande d’attention ou une zone qu’il apprécie
Beaucoup de chats soulèvent l’arrière-train quand on les caresse sur le dos, surtout près de la base de la queue. VCA Animal Hospitals rappelle d’ailleurs qu’une chatte en chaleurs peut se montrer très affectueuse, vocaliser davantage et tressaillir en arrière quand on la touche dans cette zone. Chez un chat stérilisé, le geste peut aussi être une simple réponse de plaisir, à condition qu’il reste souple, détendu et qu’aucun autre signe de stress n’apparaisse. Je n’attribue pas d’emblée ce comportement à une “dominance”; chez le chat, cette explication est souvent trop simpliste.Des chaleurs chez une chatte non stérilisée
Ici, le tableau est souvent plus net: roulades, vocalises, frottements répétés, posture très basse puis arrière-train levé dès qu’on la caresse. Si la chatte n’est pas stérilisée, les chaleurs peuvent revenir plusieurs fois pendant la saison de reproduction, parfois à intervalles rapprochés, autour de 2 à 3 semaines dans certains cas. Le geste devient alors un signal reproductif, pas un problème médical en soi. C’est un point important, parce qu’on peut facilement confondre ce comportement avec de l’impatience ou de la douleur.
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Une gêne ou une douleur
Quand le chat pousse avec les postérieurs pour se dégager, se raidit ou réagit mal au toucher du bas du dos, je pense plus vite à une sensibilité locale. La zone lombo-sacrée, c’est le bas du dos et le bassin; elle peut devenir douloureuse en cas de contracture, d’arthrose, de petite blessure ou d’irritation neurologique. Là, le geste n’est plus une invitation: c’est une manière de dire “stop”.
Autrement dit, le sens du comportement change complètement selon le tonus, l’environnement et ce qui se passe juste avant. C’est ce contexte qui permet de trancher, et c’est ce que je détaille maintenant.

Le contexte qui permet de faire la différence
Je me méfie toujours d’une lecture isolée. Un même mouvement peut vouloir dire “continue”, “j’aime ça”, “arrête”, ou “je suis en pleine excitation”. Trois indices me guident presque à chaque fois: la posture générale, le moment où le geste apparaît, et la réaction juste après.
| Situation | Lecture probable | Ce que je fais |
|---|---|---|
| Le chat se frotte, ronronne, lève l’arrière-train et reste souple | Sollicitation, plaisir ou chaleur | Je continue brièvement puis j’observe s’il redemande le contact |
| Le chat est sur le côté, saisit un jouet, mord et “bunny kick” | Jeu de prédation | Je laisse le jeu au jouet, pas à mes mains ni à mes jambes |
| Le chat se tend, agite la queue, mord ou fuit quand on touche le bas du dos | Surstimulation ou douleur | J’arrête la manipulation et je surveille les autres signes |
| Le comportement est nouveau, avec boiterie, sauts moins sûrs ou baisse d’activité | Problème médical possible | Je prends rendez-vous rapidement |
Ce tableau n’est pas là pour “diagnostiquer” à distance, mais pour éviter les erreurs grossières. Si le chat pousse puis revient demander le contact, on est dans une logique d’interaction; s’il pousse pour se soustraire au toucher, on bascule plutôt du côté de l’inconfort. Une fois ces repères posés, on peut regarder les signaux d’alerte avec beaucoup plus de fiabilité.
Les signaux qui doivent faire penser à une douleur
Comme le rappelle VCA Animal Hospitals, la douleur chez le chat s’exprime souvent par des changements de comportement avant même les cris ou la boiterie évidente. Je surveille surtout les réactions au toucher, les sauts, le toilettage et l’attitude générale. Un chat peut cacher longtemps une gêne; ce n’est pas un détail, c’est un trait de l’espèce.
- Réticence à être touché sur le dos, les hanches ou la base de la queue.
- Moins de sauts ou hésitation avant de monter sur un canapé, un lit ou un rebord.
- Toilettage réduit, pelage négligé ou zones qui s’emmêlent, surtout sur l’arrière du corps.
- Miaulements, grognements ou morsures quand on insiste sur une zone précise.
- Boiterie, démarche raide ou dos plus rond qu’à l’habitude.
- Changement brutal d’énergie, d’appétit ou d’envie de se cacher.
Le point qui me fait le plus réagir, c’est la nouveauté. Un chat qui n’aimait déjà pas les caresses dans le bas du dos n’est pas forcément malade; un chat qui adore cela puis refuse soudainement le contact mérite, lui, qu’on s’y arrête. Si en plus il devient impossible de mobiliser les pattes arrière ou qu’il ne peut plus s’en servir normalement, je considère cela comme une urgence.
Quand ces signaux apparaissent, il ne faut pas attendre “de voir si ça passe”. Mieux vaut corriger tôt que laisser une douleur s’installer, car c’est souvent là que l’on perd du temps sur le diagnostic.
Comment réagir à la maison sans renforcer le comportement
La meilleure réponse dépend de ce que vous voulez empêcher. Si le geste ressemble à du jeu trop intense, l’objectif est de désamorcer l’excitation. Si le geste ressemble à une gêne, l’objectif est de ne pas insister. Dans les deux cas, il faut éviter de transformer vos mains en cible.
- J’arrête le contact dès que la tension monte: queue qui fouette, oreilles en arrière, corps raidi, regard fixe.
- Je ne réponds pas avec la main, même “pour faire semblant”. Le chat mémorise vite ce qui se passe pendant l’excitation.
- Je redirige vers un jouet adapté, idéalement un kicker toy ou une canne à plume, pour canaliser les coups de pattes arrière sans contact direct avec la peau.
- Je raccourcis les séances de caresses si le bas du dos est une zone sensible, et je m’arrête avant la saturation.
- Je note les déclencheurs: heure, lieu, personne présente, type de caresse, présence de chaleurs ou non. En 3 à 7 jours, on voit souvent un schéma.
- Je ne punis pas: punir augmente surtout la peur et la défense, donc le risque de griffures ou de morsures.
Si votre chatte n’est pas stérilisée et que les épisodes reviennent avec des roulades, des vocalises et cette posture arrière-train levé, la question de la stérilisation mérite d’être discutée avec votre vétérinaire. Dans les autres cas, ce sont souvent les règles de jeu et les limites de toucher qui font la différence. Si malgré ces ajustements le comportement persiste, il faut passer à la piste médicale.
Ce que je ferais si le comportement est nouveau ou change soudainement
Le Merck Veterinary Manual rappelle que les douleurs du bas du dos chez le chat peuvent s’accompagner d’une gêne au toucher, d’une faiblesse des postérieurs ou de changements de comportement. En pratique, si le geste apparaît d’un coup, s’il devient asymétrique, ou s’il est associé à une boiterie, je recommande un examen vétérinaire sans attendre. Le vétérinaire vérifiera en général la mobilité, la sensibilité au toucher, les articulations, la colonne, et parfois l’état neurologique selon les signes.Je consulte vite dans trois situations: impossibilité d’utiliser les pattes arrière, douleur manifeste quand on touche le dos ou les hanches, ou association avec une baisse nette de l’appétit et de l’activité. Si le chat saute moins, grimace quand il tourne, ou se cache plus qu’avant, on n’est déjà plus dans un simple comportement anodin. Mieux vaut une visite “pour rien” qu’un problème ignoré trop longtemps.
Ce qu’il faut retenir pour lire ce geste sans se tromper
Je résume ma lecture en une phrase: un chat qui pousse avec ses pattes arrière n’exprime pas toujours la même chose, et le contexte est plus important que le geste lui-même. Dans la majorité des cas, on est face à une interaction normale, parfois à un jeu trop intense, et plus rarement à une douleur ou à une hypersensibilité du bas du dos.
- Si le chat est détendu, ronronne et revient vers vous, le geste est souvent social ou lié au plaisir.
- Si le chat mordille, immobilise un jouet et “kicke” fort, c’est surtout du jeu de prédation.
- Si le contact sur le bas du dos déclenche une défense nette, je pense d’abord à l’inconfort.
- Si le comportement change soudainement, il faut vérifier l’absence de douleur, de boiterie ou de trouble neurologique.
Dans ma pratique, ce sont les petits détails qui font gagner du temps: une queue qui s’agite, un dos qui se tend, un saut évité, une zone qu’on ne peut plus toucher. En les observant calmement, on évite les mauvaises interprétations et on choisit la bonne réponse, au bon moment.